La revégétalisation des dunes

La restauration du milieu

Grâce à l’aimable éclairage du Conservatoire Botanique National de Corse, nous engageons un processus de revégétalisation et de restauration des milieux perturbés afin de lutter au mieux contre ce recul du trait de côte.

Face à l’invasion du site par des espèces exogènes envahissantes, cette action se développe sur deux axes :

  1. éradiquer ces espèces invasives
  2. recréer un couvert végétal adapté pour tenter de restaurer au mieux les milieux dunaires et tenter ainsi de réduire (autant que faire se peut) les effets de l’érosion.

Si vous souhaitez participer à notre action, vous trouverez ici les techniques utiles et une présentation des espèces présentes sur le site (les envahissantes d’une part et d’autre part celles susceptibles d’être utilisées dans le cadre de la végétalisation des secteurs situés sur le haut des enrochements).

Les espèces envahissantes

Les griffes de sorcière sont des plantes grasses rampantes. Introduites sur le littoral méditerranéen pour la beauté de leurs fleurs et leur résistance, elles s'y sont tellement bien adaptées qu'elles représentent aujourd'hui une menace pour la biodiversité et les écosystèmes fragiles.

Rampantes, elles forment des tiges pouvant faire plus de 3 mètres de long où s'épanouissent des feuilles charnues, gorgées d'eau, de section triangulaire. La forme atypique de ces feuilles de 5 à 10 cm peut s'apparenter à celle d'une grosse griffe, d'où le nom commun de la plante. La floraison, d'avril à mai, est magnifique, une même plante formant souvent un "tapis de fleurs" s'épanouissant la journée, les fleurs se refermant la nuit. Selon le genre, la couleur varie du violet au blanc. Les fleurs laissent ensuite place à des fruits gorgés de graines.

Pratiquement indestructibles, les griffes de sorcières résistent parfaitement à la sécheresse, à la très forte chaleur et aux embruns. Elles poussent dans les terrains les plus caillouteux, pratiquement sans terre. Si elles sont particulièrement adaptées à la couverture rapide de talus peu végétalisables, leur réseau racinaire reste cependant limité, n'asseyant donc pas particulièrement les sols instables.

Se répandant rapidement en milieux naturels grâce aux animaux (oiseaux, rats, etc.), les griffes de sorcières s'imposent souvent aux espèces autochtones, devenant envahissantes. Notre première action est la mise en défens de certains secteurs avec arrachage par zones des Carpobrotus lorsque les espèces adaptées y sont déjà implantées, ce qui permettra à ces dernières de se multiplier spontanément.

Les espèces adaptées

Notre deuxième action consiste à favoriser la multiplication des espèces adaptées au milieu dunaire. Deux techniques peuvent être utilisées, selon les espèces : soit du semis, soit du bouturage.

Semis direct d’espèces récoltées sur site

Les semences seront récoltées durant l’été et conservées dans un endroit sec et frais jusqu’au moment du semis, en automne.

Espèces concernées : Lotier (Lotus cytysoides), Marguerite des sables (Anthemis maritima), Crucianelle (Crucianella maritima), ainsi que toutes les espèces présentes sur l’avant-dune dont on peut facilement récolter les graines.

Bouturage

Une bouture correspond à un morceau de végétal qui a été détaché d’une plante mère puis replanté dans un milieu propice. Il peut alors redonner naissance à une nouvelle plante grâce à l’apparition de racines ou d’organes aériens. Il s’agit d’une multiplication végétative. Les boutures ont la faculté de se développer rapidement en offrant une couverture du sol efficace en termes de protection contre l’érosion. Le bouturage sera également réalisé en automne.

Espèces concernées : Luzerne maritime (Medicago marina), Sporobole piquant (Sporobolus pungens), Elymus des plages (Elytrigia juncea), Diotis maritime (Achillea maritima).

Ces différentes actions nous permettront de réinstaller des espèces autochtones, adaptées au milieu, et de remplacer ainsi progressivement les griffes de sorcière.

Pour l’arrière-dune, nous privilégierons des arbres et arbustes tels que : Genévriers de Phénicie (Juniperus phoenicea), Romarins (Rosmarinus officinalis).

Dans les secteurs très érodés, il sera également possible de récupérer les végétaux déchaussés voués à disparaître et de les transplanter ; la période la plus propice est l’automne, après les premières pluies.